Maupiti: l’île nature ou “le paradis”, 15-26 décembre



A juste 5 heures de navigation à l’ouest de Bora Bora, sa passe est sensée être la plus redoutée de l’archipel, mais avec les bonnes conditions de vent et peu de houle, nous l’avons franchie aisément après une nuit de mer.

Maupiti: Ouah! Notre coup de coeur dans l’archipel de la Société, comme pour beaucoup de voileux, et c’est pour cela qu’on y est resté 10 jours.

A peine mouillés près du village principal, Vai’ea, on apprend que dès ce soir les festivités pré- Noël commencent avec un mini “heiva” de trois jours, enfin quatre... Et oui car le temps s’arrête à Maupiti et le concept de jour et d’heure n’a pas l’air d’importer pour les locaux (1200 habitants répartis sur 10 -ou 12- quartiers autour de l’île de 9km de circonférence). L’“Heiva” c’est un concours (ou, à Maupiti, juste une célébration car l’idée de compétition n’existe pas) de danses et de chants traditionnels. Lorsqu’on ne réside pas dans les hôtels il est difficile d’assister à des spectacles de ce genre, mais cela ne nous tentait pas d’y aller sur les autres îles. A Maupiti, c’est parfait: un grand terrain avec des stands de “forains” -snacks et jeux pour les enfants-, des chapiteaux décorés, bref un bel air de kermesse de village pour accueillir pendant quatre soirs les différents quartiers qui dansent et chantent pour notre plus grand plaisir. Les discours sont en Tahitien, à part quelques leaders de quartiers qui traduisent un peu en français. Chaque soir commence et finit par la prière devant le maire. C’est très bon enfant, un peu de cafouillage et pas forcément organisé au niveau de la GO ;-), mais des chants magnifiques et quelques très bons danseurs. Tous les soirs 200-300 personnes (sur les 1200 habitants!) sont présents.



Nous assisterons aussi à deux autres rassemblements du village:

-la cérémonie de remise des prix de la première course de “va’a” organisée à Maupiti (“va’a”= pirogues traditionnelles), suivie d’un feu d’artifice. Il faut dire que le maire avait dépensé beaucoup (selon quelques “mauvaises” langues locales) pour impressionner le Contre Amiral de la Marine du Pacifique convié aux festivités ainsi que son épouse, qui fera “potiche” sur toutes les photos... Et des photos il y en a! Cela nous rappelle une remise de médailles aux départementaux d’athlétisme, tout le monde a le droit à un prix, du poussin au vétéran ;-) Une bonne ambiance conviviale. Un local nous traduit les phrases importantes. Le Va’a est le sport national, et tous les matins et soirs, on voit les rameurs s’entrainer. On apprendra plus tard que ce sport est un cours officiel à l’école.

-le “Noël pour tous”: le 23 décembre au soir, les quatre églises de l’île (Protestante, Mormone, 7ème Adventiste et Catholique) convient tout le village à des chants religieux (nous avons déjà assisté à la messe protestante dimanche et les chants étaient entrainants). Seul le leader mormon traduit son speech en français, et Dieu est dans toutes ses phrases... La prêcheuse des 7ème Adventistes met en garde contre les effets ravageurs de la méthamphétamine “ICE” (officiellement 10% de la population polynésienne est touchée...). Le maire participe gaiment, ici pas de séparation église/état, on ressent plus l’aspect “chef clanique/leader” que maire à proprement parler et c’est très bien ainsi. Les gens se connaissent, c’est chaleureux. Après deux heures de chants, nous sommes conviés à “déguster” des desserts (influence américaine oblige, principalement des gâteaux mixes en boîte type Alsa).

Maupiti, c’est aussi notre première expérience du “Four polynésien” ou “Ahi Ma’a”. Le samedi c’est repas traditionnel sur un motu: cuisson lente dans un four creusé dans le sable de porc, bananes, poissons, urus... entourés de feuilles de cocotiers. Les 80 touristes des différentes pensions et quelques locaux y participent, prière œcuménique obligatoire...





Maupiti est connu pour sa petite population résidente de raies manta, inféodées au lagon. Le premier jour, dans une eau très trouble due au vent nous ne les trouvons pas sur leur station de nettoyage habituelle. Eh oui, les poissons se font nettoyer de petits parasites cutanés par des sabres nettoyeurs (petits poissons longilignes de 6-8cm avec une raie bleue latérale). Un des spectacles préféré d’Olivier avec les crevettes-gobies. Déception... Dimanche matin, je me lève vers 6h et avant de voir Virginie bouquinant dans le carré, sur une mer d’huile, deux petites nageoires de manta fendent la surface à 10m du bateau dans 2m d’eau cristalline. Ni une ni deux, voici Virginie dans l’eau et moi au drône pour la guider. Près de 90min avec jusque cinq raies manta autour de Virginie. Un moment extraordinaire... On se retrouvait littéralement face à elles. La plus petite, curieuse, est même venue effleurer l’appareil photo de Virginie avant de prendre peur. On a aussi vu une, plus grande, un autre jour sur une station de nettoyage.

Au nord de l’île, après une petite marche dans la jungle on peut découvrir quelques pétroglyphes, non datés, de tortues, le long d’un petit ruisseau. On y a aussi surtout récolté 15kg de mangues qui feront de la super compote et des desserts!!! Olivier se taille un nouveau bâton de marche qui, sur les autres îles, servira de repoussoir à chiens. A Maupiti, mêmes les chiens sont gentils.



Un peu de sport: Pour 8 euros on a loué un vélo chacun pour faire le tour de l’île de quartier en quartier. On voit la multitude d’employés municipaux et de véhicules de la commune: deux pelleteuses de 28T, au moins trois camions et plusieurs vans, petits camions et clairement plus de 50 employés municipaux (population de 1200 habitants!). Les jardins sont admirablement bien tenus, ratissés tous les jours. Un monsieur nous aide à choisir un “uru” sur un arbre en bord de route. Un autre, tout aussi charmant, nous explique la technique pour ouvrir une noix de coco à la machette. Enfin!





Lendemain, mise en pratique de la machette. Ouais, ça marche pas pareil quand c’est Olivier ou un gars qui le fait depuis 40 ans. Comme par hasard... Bref j’y arrive tout de même sans me couper une jambe!

Merci à Youtube pour le tuto sur la confection du chapeau polynésien en feuille de cocotier. Au final le premier ressemble à une pseudo couronne pour Virginie et le deuxième sera plus une visière qu’un chapeau. Super content tout de même!!!



La deuxième attraction de Maupiti est l’ascension de son mont qui culmine à 380m. Départ depuis les “forains” au Nord pour une ascension aisée avec des vues magnifiques sur le lagon. La descente, par la traversière, sera plus olé-olé, et malgré Visorando et le tracking GPS en temps réel, il nous faudra rebrousser chemin plusieurs fois dans une jungle épaisse, des rochers à descendre et surtout un chemin quasi invisible! Bref 2h30 de descente contre une heure de montée.



Kayak, snorkel : Etant mouillés dans une eau limpide au pied du platier de sable (2m de fond) s’étendant sur des kilomètres carrés, nous avons pris de nombreux bains et observé nombres de raies léopards (jusque 12 ensemble à se nourrir dans le sable). En paddle, on a l’impression de chevaucher sur un tapis volant un monde aquatique varié et peuplé de myriades de labres, perroquets, demoiselles et chirurgiens (tous des noms de poissons je précise ;) ). Virginie fera une grosse boucle en kayak sur quatre miles pour rallier la petite plage sud et le motu sud ouest et y décrochera la plus belle photo à ce jour.



En annexe et kayak nous irons plusieurs fois sur la barrière de corail; impressionnant de voir les déferlantes océaniques se briser et s’atténuer en vaguelettes de 10cm en moins de 50m. C’est la zone des requins pointes noires qui viennent nous voir, nous envahisseurs de leur royaume. Majestueux et fluides dans 2m d’eau, se faufilant entre les têtes de corail effleurantes.

Niveau rencontre humaine, Olivier avait repéré un Outremer 51 à Taha’a, immatriculé à Auray. Catamaran top qualité fabriqué à la Grande Motte et référence mondiale pour les tours du mondistes friqués (1,5M euros tout de même): confort, tenue à la mer et surtout vitesse de 18 noeuds. A Maupit,i ils se mouillent près de nous et Olivier va leur causer, nous serons invités à le visiter. Trop bien! Pour le réveillon du 24 nous irons dans une pension pour un dîner amélioré avec ambiance chant et yukulélé et par chance nous serons avec trois adultes polynésiens pour un super moment d’échange.



Après 10 jours, le 26 décembre, nous quittons le paradis de Maupiti car la fenêtre météo annoncée semble bonne: 15-20 noeuds NO. Le 25, à 23h il y a 20 noeuds de Sud et au final le vent sera de 5 noeuds NE quand la météo marine soutient, en direct, 5-10kn NO... Ah les prévisions de la météo ici, tout un programme ;). On fait route à la voile avec les moteurs en soutien dans une grosse houle de Nord et 5 noeuds de vent NE, bref du près vers Taha’a au lieu du largue prévu … on mettra quand même les voiles sur une bonne partie de la navigation! 




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