Taha’a: l’île vanille et pourquoi pas “l’île Banane”? Deuxième passage: 26 décembre-3 janvier

Nous avons quitté le paradis de Maupiti pour revenir sur le joli mouillage face à Bora Bora sur l’île de Taha’a dont nous avons pu faire le tour à la voile. 


C’est un des rares lagons assez large où l’on peut tirer des bords. Nous sommes la deuxième semaine des vacances scolaires et l’île adjacente de Raiatea est un centre de location de voiliers, donc il y a plus de catamarans sur l’eau. On comprend que les habitants en ont un peu marre des voileux, au vu de certains comportements comme prendre une bouée de ferme perlière comme corps mort...ce qui nous horripile le plus c’est les voiliers qui arrivent au mouillage avec la musique à fond... On part alors très vite trouver un spot à la Robinson Crusoe, loin de tout le monde.

Quelques belles et instructives visites à terre:

-la deuxième distillerie/rhumerie de Taha’a (en face de celle visitée plus tôt en décembre) est assez roots et tombe bien car la première bouteille de rhum a pris un coup... Olivier aime leur “pastis”. Belle visite avec une guide sympathique où l’on comprend la diversité de la canne à sucre. La montée en puissance de leur production signifie que bientôt le rhum sera distillé sur place et plus à Tahiti.


-une ferme perlière: où l’on voit les greffeurs (japonais) d’une extrême précision en action. Une bonne huître peut être utilisée jusqu’à quatre fois.



-une ferme de transformation de la vanille où Oncle Fredo nous éduque tel un “vieux”sage sur l’histoire de la vanille du 18ème siècle à nos jours. Il nous donne aussi des urus car on adore les cuisiner (la découverte: le gratin de uru qui goûte comme une tartiflette!!!).


Nous avons passé le réveillon du nouvel an seuls face à Bora Bora avec le spectacle d’un magnifique coucher de soleil.


Pour le jour de l’an, nous avons mouillé dans la baie de Haamene où aux dires de Fredo c’est la fête pendant 3 jours pour célébrer la nouvelle année. Il semblerait que seuls Maupiti et Taha’a pratiquent cette coutume fort sympathique qui consiste à aller saluer les gens du village de maison en maison pour finalement converger à la mairie. Les villages sont très étalés l’habitat n’étant présent que le long de la côte et pas dans les montagnes. Une fois que tout le monde arrive place de la mairie (la plupart bien éméchée -aux dires de l’adjointe au maire, il y a screening pour refuser l’entrée à ceux trop avinés ou shootés -le lendemain nous verrons en allant randonner un mec s’injecter sur le front de mer à 6 heures du matin nous lançant gaiement un Ia orana et bonne année... ). Yukulélé et danse commencent joyeusement, c’est la fête mais rapidement les grosses enceintes inondent la place et nous font rentrer au voilier.



Nous avons rencontré à cette fête un couple de jeunes retraités anciens agriculteurs de vaches laitières en Mayenne n’ayant jamais fait de voile qui a tout plaqué l’an dernier et acheté un petit monocoque à Papeete. Quel sens de l’aventure et de liberté!

Mais pourquoi l’île “vanille” est notre île “banane”? Nous attaquons un matin à 6 heures la randonnée pour un point de vue sur les baies de Taha’a. Quatre kilomètres de légère montée, mais un sentier pas entretenu avec d’énormes arbres tombés au sol et des branches de partout. Il faut soit ramper, soit passer par dessus les troncs, et avec un terrain glissant... mais nous allons au bout car nous avons l’intention de ramasser au retour un régime de bananes. Avant l’époque des essais nucléaires (beaucoup de fermiers ont été embauchés dans le centre nucléaire pacifique dans les années 60-70) et le tourisme de Bora Bora -île voisine-, Taha’a vivait de l’agriculture. A présent la forêt a repris ses droits et il n’y a plus beaucoup de terres cultivées. Il y a une reprise avec la culture de la canne à sucre. Une ancienne plantation de bananiers abandonnée fera notre bonheur et surtout la bonne rigolade du jour ;-) Olivier -qui a oublié sa machette, mais pas son couteau- s’attaque aux bananiers et trimbalera pendant une bonne partie du retour deux régimes. Moi je porterai sur 1 km un troisième régime bien mûr, glané en dernier.



De retour au bateau, il faut cuisiner les kilos de bananes mûres: compote de bananes, banana bread et poe maia (le dessert polynésien à la banane) sont au menu. Ca y est notre voilier ressemble à un bateau de grande croisière avec ses deux régimes suspendus et de bien nombreuses recettes au programme dans les prochains jours…



Bye bye Taha’a 



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