Rangiroa: un des plus grands atolls au monde: 24 janvier - 4 février

Après une navigation bien fatiguante depuis Makatea de 26 heures, qui se termine par la passe “sportive” pour rentrer dans le lagon, nous passons quelques jours à nous reposer au mouillage nord de Rangiroa et aussi pour laisser passer les orages. L’atoll de Rangi fait 75 km de long sur 25km de large, autant dire que quand on le navigue on se croit en pleine mer. Il est tellement immense que l’île de Tahiti en entier passerait dans l’atoll! On commence sa découverte par ce qui en a fait sa réputation: la plongée.

 Les requins (beaucoup de juvéniles) seront au rendez-vous pour les deux plongées que nous faisons dans la Passe de Tiputa, par contre les dauphins nous bouderont. On en verra trois timides depuis le rivage. Il faut soit disant de sacrées vagues pour qu’ils viennent jouer dans la passe. Nous trouvons que les vagues sont assez grosses comme ça.. mais bon, je ne suis pas dauphin...






Nous explorons le petit village, allons à la messe (trois fois en trois mois, c’est plus que dans les 30 dernières années ;-) ). Il y a 2500 habitants à Rangiroa et on se demande où ils sont. Typiquement aux Tuamotu, “les îles au large” (au large de Tahiti), un chapelet d’îlots étroits, les motus, 240 pour Rangiroa, délimitent la ceinture de l’atoll. Les habitations sont regroupées, ici au nord, un petit aéroport est construit, une route lie les deux villages principaux, des cocotiers partout (la culture du coprah est la principale économie avec le tourisme), du sable blanc (pas forcément fin car coralien), et des nuances de bleu à foison.




Le week-end, les enfants ne sont pas devant la télé mais à appâter les requins ;-). Ils apprennent tôt à pêcher car le poisson est la nourriture principale avec le riz, mais on ne trouve plus de thon à acheter, tout est consommé par les locaux... Le reste est importé, mais je suis ravie de voir qu’il y a quand même des arbres à pain. Vive le uru!


Nous assisterons à l’arrivée du bateau l’Aranui (avitaillant les îles jusqu’aux Marquises et transportant aussi des croisiéristes). Lui ne se préoccupe pas du courant pour franchir la passe. Pour nous, c’est une autre histoire... La navigation d’un atoll à l’autre aux Tuam requiert de franchir les passes au bon moment de la marée: étale de rentrante ou sortante en fonction de ce que l’on souhaite faire: rentrer ou sortir. L’atoll ne comprend que deux passes et donc à chaque marée l’eau doit “sortir” et “entrer” uniquement par ces deux passes, ce qui crée un sacré courant, certes anodin pour un paquebot, plus compliqué pour un catamaran, surtout lorsqu’il y a le vent opposé au courant: les vagues sont...“intéressantes”, sauf pour les dauphins :-(


Mais avant de sortir de Rangiroa, nous partons explorer le sud avec trois mouillages idylliques où nous serons seuls, une vraie Robinsonade. Au mouillage du village, il y a peu de voiliers de passage, mais principalement des gens (dont plusieurs moniteurs de plongée) qui vivent sur leur bateau. Il faut dire que l’habitat est plutôt précaire avec des maisons de tôle qui peuvent vite partir avec un cyclone...en bateau au moins on peut partir à la moindre alerte.

1er mouillage: “le lagon bleu” au sud-ouest de l’atoll. C’est une destination phare pour les excursions à la journée, mais pour nous “le lagon dans le lagon”, une piscine naturelle, semble nous appartenir! Sable blanc étincelant, cocotiers, eaux de couleur lapis-lazuli avec raies et requins pointes noires: le paradis. Nous profitons des “infrastructures” pour les touristes sans la présence des touristes (machette pour noix de coco, sièges...).




2ème mouillage: "l’île aux récifs”, plein sud. Le paysage est époustouflant. Bien entendu: cocotiers, plages de sable blanc, eaux turquoises, mais un aspect très minéral avec une chaîne de formations coralliennes surélevées burinées par l’érosion, qui crée d’étranges silhouettes pétrifiées sur des centaines de mètres ponctuées par de petites vasques-piscines à l’eau délicieusement chauffée au soleil. On fera notre premier feu de joie sur la plage le soir pour l’apéro. Les couchers de soleil sont splendides, mais plus appréciables en fait depuis le bateau car dès le soir arrivé les nonos (petits moucherons des îles) nous attaquent.. Et les piqûres démangent pendant des jours -souvenir de la Thailande.





3ème mouillage: Motu Raumati, où nous avions lu qu’il est possible de rencontrer un habitant du motu (un vrai Robinson), mais nous ne verrons que ses trois chiens et huit chats... Les chiens deviennent mes amis et me suivent alors que j’explore le lieu. On retournera le lendemain leur apporter une grosse gamelle de riz. Les hamacs sont étrennés, il faut juste bien choisir ses cocotiers (ombre et sans noix de coco juste au dessus..)




Puis ce sera le retour au Nord afin de prendre la passe Avatoru en direction de notre prochaine destination. Enfin nous avons une allure portante et non plus face au vent. Beau temps, pas de vague, 15-18 noeuds de vent et une moyenne de plus de 7 noeuds pendant 2h30, quel bonheur, toutes voiles dehors, seuls sur le lagon bleu... Punoa nous laisse mouiller devant sa pension: “tu es trop près mon ami, c’est là bas” vient-il nous dire dans sa pirogue traditionnelle à voile, barbe touffue entourant un sourire jovial. Le “là bas” est à 35m sur la carte. On s’y déplace donc précisément (merci GPS) et il revient: “Mais tu es allé trop loin”. Leur connaissance et interprétation de la mer (et aussi sous l’eau -voir paragraphe suivant) est à un niveau bien autre que le nôtre. Les polynésiens furent le plus grand des peuples navigateurs, explorant et peuplant le Pacifique de la Nouvelle Zélande à Hawaii.

Petit tour au village, Virginie est comblée de trouver deux urus sur un parking dont la propriétaire d’1m60 nous dit : “si tu peux les attraper, ils sont à toi!”. Toujours cette générosité... De retour au bateau, le palan pour relever le zodiac a disparu... Enfin tombé au fond de l’eau car pas bien sécurisé. Surement une facétie de Poséidon et non pas une erreur de l’équipage bien entendu... 12m de fond d’eau trouble. Oh oh, c’est pas cool... Les clubs de plongée refusent de nous louer une bouteille. Juste des chasseurs sous marins s’installent à 200m du bateau. Olivier va leur demander de l’aide. “Pas moi mais demande lui”. “Lui” à l’habitude de descendre à 30m alors il sourit gentiment quand je lui demande si c’est faisable. Bref, 14 secondes sous le bateau et il remonte avec nos deux poulies et bouts. Merci!!! “Tu aimes la bière?" “non non, là je vais plonger”. Il semblait surpris à l’idée de repartir avec 12 bières pour l’avoir dérangé moins de 5 minutes. L’alternative était attendre 2-4 jours pour nous et qu’un club (à 30min) nous facture une plongée de recherche... bref, gagnant gagnant.

Un bon BBQ pour se remettre. Ah non en fait, Olivier a cramé les ribs. Heureusement patates et beurre restent une valeur universelle!



Nous devrons patienter un jour de plus avant de prendre la passe. La météo -comme a son habitude- n’est pas tout à fait exacte... Il souffle plus que prévu et nous n’avons pas envie d’être secoués pendant les ~six heures de navigation pour Tikehau.


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