Tikehau: l’atoll aux sables roses: 4-16 février


Belle navigation sous voiles pour atteindre cet atoll à l’ouest de Rangiroa. Nous profitons enfin des alysées! Tikehau est beaucoup plus petit que Rangiroa et avec ce vent établi à l’est, nous avons pu naviguer dans l’atoll sous voiles. Nous nous faisons au repérage via les images satellites de Navionics qui nous permettent de savoir où se trouvent les patates de corail.


Tikehau est connu pour sa station de nettoyage de raies manta. Nous passerons sept nuits au mouillage près de cette station, seuls plusieurs nuits comme on aime et avec le show des mantas tous les matins, sauf un où il n’y en avait pas une! Le ventre des raies permet de les identifier, c’est leur “empreinte digitale”. J’ai pu prendre le ventre de trois mantas en photo. Une n’avait pas encore été identifiée et j’ai donc pu la nommer. C’est la 122ème manta répertoriée à Tikehau, une femelle que j’ai prénommeee Poema qui signifie en tahitien “Perle des mers”. C’est beau comme nom et facile à se rappeler avec le nom du bateau “Poe Maia”.



Tikehau est aussi connu pour sa plongée. Nous effectuons quatre plongées en petit comité avec des bancs de barracudas, quatre espèces de requins différentes, une manta aussi et de beaux fonds sous-marins dans la passe.



Le village, ~450 habitants résident sur cet atoll, desservi par un vol quotidien pour Papeete, consiste de deux rues parallèles sur le motu principal. Les habitations sont très sommaires.



 Nous essayons de trier nos déchets, mais ici tout est brûlé dans des fosses sur chaque terrain. Nous garderons donc nos déchets avec nous, triés et nettoyés sur le bateau... La pizzeria vaut le coup, mais sinon les commerces sont bien vides... Il faut commander le samedi pour avoir du carpaciao de thon délicieux le dimanche matin.... Les gens ne sortent pas au large pêcher, juste dans le lagon, les poissons que nous évitons toujours -par rapport à la “gratte”. Niveau légumes frais, il restait 3 oignons pas vraiment très frais... Mais l’arbre à pain poussant ici, nous avons fait le plein avec quatre uru pour faire découvrir à Corinne la tartiflette des Tropiques et le “cheesecake” uru.

Après avoir récupéré notre amie, qui nous rend visite pour 15 jours, nous entamons le tour de l’île. L’aéroport est minuscule et vu qu’il n’y a pas de taxi, nous ancrons notre annexe à la plage la plus proche de l’aéroport. Quelle arrivée, les pieds dans l’eau!

Nous débutons le tour de l’île, le sud-est de l’atoll est connu pour ses sables roses. En effet une certaine concentration de grains roses donne l’impression (lorsque l’on en est près) que la plage est rose.

Une communauté chrétienne de chinois s’est établie à l’extrémité Est de l’atoll pour fonder “Le Jardin d’Eden”. Les 11 habitants (deux familles) vivent reclus d’un jardin en semi-permaculture. Respect, car aux Tuamotu il n’y a que du sable et des cocotiers à pousser... Ils ont une magnifique vanilleraie, font sécher du sel, pousser légumes et fruits (étant en saison chaude nous ne pourrons acheter que des salades et des blettes), élèvent poules et cochons. Ils servent d’exemple en Polynésie pour l’agriculture en terrain sableux.





“L’île aux oiseaux”, notre prochaine escale, vaut le détour. Plusieurs centaines d’oiseaux, quatre espèces différentes, y nichent. Un des oiseaux pond ses oeufs en équilibre sur les branches où il les couve... en équilibre. Il doit y avoir de la perte...




Au prochain motu, nous rencontrons Didier, copraculteur de 62 ans qui vit seul simplement, avec une vue paradisiaque. Nous apprenons tout sur la noix de coco pendant plus de deux heures et revenons avec eau de noix de coco, coco préparée, coeurs de cocotiers... et tous les trois enduits d’huile... bref une belle découverte. Olivier le questionne sur le statut de copraculteur. La tonne vaut à peu près un smic pour environ trois heures de travail journalier pendant deux semaines. Ça va! Un cocotier peut vivre 100 ans. Un hectare coûte environ 15000 euros. Mais si tu n’es pas le propriétaire, il faut donner la moitié de ta récolte au proprio... Ça calme Olivier sur ses intentions de vivre de la noix de coco! Il fait aussi pousser d’autres plantes aux vertus relaxantes... C’est vrai qu’il a l’air très stressé le Didier ;-) Le soir il part pêcher la langouste côté récif.






Nous retournons au motu des mantas où nous devrons rester plus longtemps que prévu suite à une nouvelle avarie moteur... mais le spectacle des mantas compensent. Nous avons été gatés en cette saint Valentin 2026 par un ballet de mantas. J’ai même eu ma valentine qui n’arrêtait pas de venir vers moi. Nous étions juste tous les trois dans l’eau. Une fois Corinne et Olivier sortis, je me suis offerte un moment en privé avec ces magnifiques créatures.

La pièce (câble d’accélérateur) arrivera par avion, trois jours après la panne. Ce n’est pas simple dans les Tuamotu. Nous aimons le fait d’être loin de tout, mais cela veut dire que nous sommes aussi loin de tout lorsqu’il y a un problème technique. Charles, qui tient une pension et connait la mécanique de son bateau, nous dépose le câble, mais dit que lui les voiliers il ne connait pas... Alors bravo à Olivier qui a pu changer la pièce! Nous quittons donc Tikehau pour ce qui devrait être notre dernier tronçon vers l’est, encore face au vent.


Commentaires

Articles les plus consultés