Ahe: l’île de Bernard Moitessier, 20-25 février
Une petite journée de navigation avec une météo typiquement polynésienne: 20 noeuds annoncés, 8-10 réels et changeant, on sort les voiles, puis on les rentre et ainsi de suite toute la journée ;-), pour atteindre le petit atoll d’Ahe.
Nous mouillons au village près du motu où vécut trois ans Bernard Moitessier, pionnier de la navigation en solitaire et écrivain des années 60-70 et idole du papa d'Olivier. Le village est comme les autres des Tuamotu: calme, même un vendredi soir, contrairement aux soirées animées de la Société. A l’exception de plusieurs va’a (pirogues locales), d’un unique joueur de pétanque et de quelques jeunes et moins jeunes qui boivent des Hinano (la bière tahitienne) au pied d’un des deux “magasins”... Nous ne comprenons toujours pas les magasins: rayons vides, mais quand même deux magasins ou trois sur chaque petite île, vendant à peu près la même chose, mais il faut tous les faire pour trouver des articles différents, mais surtout pas de poisson, ni fruits, ni légumes...
Les gens sont toujours gentils et souriants. Une dame nous ouvre et nous fait visiter l’église. Toujours en quête de poisson frais, après plusieurs tentatives infructueuses, des pêcheurs nous donnent un gros morceau de thon congelé, gratuitement, à la condition que nous le mangions...
Petite excursion en annexe à l’extrême ouest de l’île pour découvrir le “petit lagon”. Même si les atolls se ressemblent, on ne se lasse pas des couleurs et des contrastes. La navigation dans les atolls, une fois sortis du chenal balisé qui mène de la passe au village, est à l’oeil pour repérer les patates de corail. Il faut avoir le soleil au dessus pour bien les voir. Bon grâce a la technologie, entre Google Earth et Navionics, on s’y retrouve même si le soleil n’est pas au zénith.
Direction plein Est pour mouiller devant le Coco Perle Lodge, tenu depuis 20 ans par Franck, “popa” (français de métropole vivant en Polynésie), et sa femme, tahitienne, excellente cuisinière, Janine. Nous prendrons deux dîners succulents chez eux. Au menu: du perroquet sous toutes ses formes, en croûte de sel et même en quenelle!
Bien sûr nous apprenons encore plein de choses sur la Polynésie. L’unique hôte de la lodge travaille en tant que consultant climatique quelques semaines par an en polynésie. Recyclage, développement durable, développement d’un tourisme raisonné... Il y a du travail. Les indépendantistes au pouvoir actuellement veulent passer de 280,000 touristes par an (nombre symbolique car c’est la population polynésienne) à 600,000! L’idée est de ne plus survivre grâce aux subsides de la France (50% du budget, tourisme seulement 10%....).
Snorkel, snorkel, snorkel, on est dans l’eau tout le temps! Et les requins pointe noire sont toujours présents.

Découverte d’un tout petit bout de forêt primaire. Avant 1904 et les plantations de cocotiers pour le coprah, les atolls étaient recouverts d’arbres hauts et denses. Le sol était riche et permettait une agriculture vivrière. A présent, les cocoteraies ont tué cet écosystème... mais fixent la population dans les îles en maintenant artificiellement très élevé le prix d’achat du coprah. Il n’y aurait pas assez de travail à Tahiti. Sans doute, il faut le reconnaître, une vraie bonne idée de politique publique. La perle a joué le même rôle. Recyclage de la main d’oeuvre du centre d’essai nucléaire. Des 700 fermes perlières à l’origine, il n’en reste “que” 350. L’Australie en compte seulement 16... Bref, surproduction, coût en chute...
Il est temps pour Corinne de rentrer après 15 jours au soleil et pour nous d’aller explorer de nouveaux atolls. Direction l’ouest d’Ahé pour nous rapprocher de la passe, nous mouillons près de la ferme perlière de Kamoka, bien authentique où on observe le perçage des nacres qui sont ensuite mises à l’eau pour 18 mois avant l’introduction du greffon. Les Tuamotu sont l’endroit propice pour que ces nacres grandissent, elles sont nettoyées naturellement par les petits poissons. Ensuite beaucoup sont envoyées sur les îles de la Société pour que le greffon y soit introduit et que la perle se développe. Il y a beaucoup plus de touristes et d’acheteurs à la Société, mais la vie d’une huitre perlière commence dans ces atolls perdus des Tuamotu. Une huitre à la fois.
Comme sur chaque atoll, il y a un endroit où un courageux, souvent (tout le temps?) une courageuse, s’occupe de la terre pour y faire pousser fruits et légumes. Nous trouvons donc fruits du dragon, papayes, et poivrons chez une dame qui tient un “magasin”, un de plus ;-)
























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