Apataki: la Robinsonade, 25 février-4 mars
La journée de navigation d’Ahé à Apataki, plein sud, commence bien, nous pêchons un thon d’1m20, ~25-30kg.

Enfin un poisson mangeable (sans risque de gratte) à bord! Nous qui désespérions: entre la “rumeur” (non-avérée par nos lignes) que les eaux des Tuamotu sont riches en poissons et le fait que les locaux gardent leur pêche pour leur propre consommation... on se demandait quand nous aurions à nouveau de la poiscaille à table. Nous n’avons qu’un petit bloc freezer et pas de quoi stériliser des bocaux (en plus le thon en boite, c’est sec), alors c’est parti pour des recettes de thon pour le déjeuner et le dîner tous les jours pendant une semaine! Carpaccio, steak de thon mi-cuit mariné, thon au curry avec légumes, cake au thon-gingembre-olives, rillettes de thon… ;-) ;-) Et le risque de trop de mercure? Comparé à la gratte, aucun problème. Par contre, pas de lignes à l’eau sur la prochaine navigation. On sature déjà en protéines animales!
Nous explorons tout l’Est du lagon (côté protégé au vent) en naviguant sous gennaker et en mouillant dans des endroits à la Robinson Crusoé. Pas une âme qui vive et pas de 4G pendant cinq jours et des paysages à couper le souffle. Les paysages se ressemblent certes: longues plages de sable blanc corallien, cocoteraies, bleus magnifiques, patates de corail, requins pointe noire... mais à chaque fois, c’est différent. Trois couleurs dominent et apaisent: bleu, jaune et vert. Dans le nord-est, il y a des mini mares de couleur rouge, à l’est près d’un “hoa” (sorte de mini-passe non navigable) l’eau est limpide et le corail splendide.
Au sud, nous croisons notre premier voilier au mouillage. Premier voilier vu depuis huit jours! Il n’y a pas foule ici. Les plaisanciers sont sans doute à Fakarava. Au chantier naval -fort incongru au milieu de nulle part- Toni nous change notre filtre de désalinisateur et règle le ralenti du moteur suite à notre panne à Tikehau. On fait le plein de fruits: goyaves, mangues, fruits de la passion, un pamplemousse... avant de continuer vers le sud.

La navigation dans le lagon se fait entre 10 heures et 15 heures quand il y a du soleil pour éviter les patates de corail, mais bon quand le grain arrive (cela faisait 18 jours sans vraie pluie) et que nous sommes prêts à mouiller, on y va.
Nous avons gagné en confiance, tout en restant humbles et prudents. Le Pacifique nous prouve encore qu’il porte mal son nom. Nous décidons de passer une nuit de plus au mouillage à Apataki avant de prendre la mer pour notre prochain atoll car la météo annonce pétole et on ne veut plus de bruit de moteur en navigation. Et pourtant on a presque 20 noeuds établis (Force 5) à se faire secouer au mouillage et un coup à 35 noeuds avec un vent qui passe de l’est au nord, puis à l’ouest et au sud.... Sérieusement???

Ce dernier mouillage est près du motu Rua Vahine. Quelques voileux sur leur blog parle de la structure dédiée à la déesse de la mer et du voyage que l’on trouve sur cet îlot et à la petite famille sympathique qui y vit. On débarque et les deux locaux nous disent d’aller faire le tour de l’île par nous-mêmes. Ça ne doit plus être la même famille... Ils partent vite pêcher et les vagues le lendemain nous empêcheront de débarquer... Bon on fait quand même un voeu à cette déesse...
Après deux mois sans ouvrir la boîte d’aquarelle, nous nous y remettons tous les deux. Il faut dire que les bleus sont plutôt inspirants dans les Tuamotu.
Cela fait quatre mois que nous sommes en Polynésie et pour Olivier ne pas être exposé à la publicité constante et se sentir loin de la société de consommation apaise, dit-il avec son i- phone en main ;-) C’est vrai qu’entre l’unique courgette, l’oignon et la boîte de lait de coco du petit magasin, on consomme moins. Par contre, la gestion des déchets étant particulièrement compliquée en Polynésie -surtout dans les Tuamotu- nous nous rendons compte du volume de déchets (non-recyclables ici) produits...
















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