Tahanea: l’atoll inhabité, 24-29 mars


On nous avait parlé de Tahanea comme la destination prisée des voiliers car c’est un des rares atolls inhabité des Tuamotu. A notre arrivée après une navigation de nuit au moteur, pas prévue...la météo était encore off! On se pose rapidement pour reposer nos yeux et nos oreilles après une belle entrée de passe. Elle ne nous stressait pas forcément cette passe, Olivier gère depuis la première bien tonique à Rangiroa, on n’a eu aucun vrai coup de stress. Mais alors que nous en étions encore à quelques milles, nous entendons deux plaisanciers discuter à la VHF (radio) de la faisabilité de l’entrée... Cela faisait deux heures que je voyais sur le radar un bateau attendre à un mille de l’entrée. Avons-nous mal calculé les marées? On devrait pourtant être en courant rentrant? Il y a t-il plus de vagues, de vent que ce que l’on voit à présent? Bon, il s’avère que cela devait être un voileux stressé car l’entrée s’est faite les doigts dans le nez!

Après ce petit repos, on met le gennaker (un foc plus grand et plus léger que le génois qui nous permet de bien avancer au portant lorsqu’il y a peu de vent) et cap au sud-est. En fait Tahanea n’est pas vraiment complètement inhabitée, il y a un “habitant” qui vit ici quelques mois de l’année, un coprahculteur, Nico, qui -aux dires de certains plaisanciers- une fois tombée sa timidité partage ses connaissances en pêche aux langoustes et chasse au crabe des cocotiers, “caveu”. Nico doit être là car il y a des petits feux entretenus dans le cocoteraie tous les jours, il y a aussi un bateau, et des noix de coco à sécher. Mais nous ne verrons pas le lascar... 




Alors nous partons une fois la nuit tombée, sans ses conseils, à la recherches des “caveu”. Ses grosses bêtes ont la forme d’un crabe à l’abdomen replié pour garder un stock de noix de coco, et la couleur du homard. Ils vivent sur terre et n’ont pas l’air fan de l’eau. Nous en avions goûté à Makatea, son goût terreux ne nous avait pas conquis, donc le seul que nous verrons gardera la vie. Bien sûr, nous sommes plus tentés par les langoustes. Armés de torches et de gants, nous pataugeons dans 20cm d’eau... en vain, nous n’en verrons pas la queue d’une...



Kayak, snorkeling, feu de joie sur la plage... La vie aux Tuamotu.. mais il faut admettre que chaque atoll se ressemble (attention on ne se plaint pas, les paysages sont tellement beaux et reposants). Alors qu’il ne nous reste que juste un peu plus d’un mois, d’un commun accord nous décidons que nous allons à présent maximiser notre temps à faire de la voile. Nous allons aller sur plus d’atolls que prévu juste pour le plaisir de naviguer. Alors ce plan dépend bien entendu de la météo, mais finie la navigation face au vent, les alisées devraient nous porter à présent....





On file ensuite pour le sud de Tahanea, premier arrêt pique-nique sur un motu paradisiaque, puis on remet les voiles pour notre mouillage d’un soir. La seule autre présence animale -au dessus de l’eau- est une sorte de fou de Bassan qui élit domicile à l’avant du bateau. Il prend la place que j’occupe dans la journée car il faut toujours une vigie pour éviter les patates de corail non cartographiées. Il ne faudrait pas s’en prendre une... personne au tour et aucun réseau...


Retour tonique sur le nord de l’atoll. Nous prenons un deuxième ris à l’arrache sous des trombes d’eau. Le vent passe rapidement de 10 à 27 noeuds. Il faut faire les manoeuvres tout en vérifiant qu’il n’y a pas de patates de corail sur notre route... On se fait tremper, le hublot avant est entrouvert et on devra faire sécher quelques livres et jeux de société... Nous mouillons et sèchons ;-) près de la passe nord que nous pouvons enfin explorer en snorkel, mais malgré le joli corail, pas vraiment de vie. Certains plaisanciers avaient noté la présence de raies manta.. mais pas cette fois-ci.


Il y a quelques autres voiliers au mouillage (trois maximum). Nous prenons l’apéro avec un couple de suisses et leurs trois jeunes enfants. Merci pour leur Starlink, qui nous permet de prendre les fichiers météo et horaires des marées pour les passes. Ils ont loué un catamaran Excess 11, nous avions hésité à louer ce bateau, plus récent que le nôtre et donc gravement plus spacieux, même s’ils font la même taille, mais pas forcément meilleur à la voile. Le confort et l’espace d’un bateau 10 ans plus récent ont un prix... et nous ne sommes pas suisses ;-). A leur départ un catamaran de luxe de plus de 20 mètres, Crazy Love, prend leur place: jet ski à l’arrière, clim, jeux de lumière sous l’eau.. des américains forcément, et seulement le staff sur le voilier. Les propriétaires ne doivent l’utiliser que quelques semaines par an...nous ne sommes pas du même monde, mais partageons le même terrain de jeu!

A la tombée de la nuit (18h30), nous tentons à nouveau de nous attaquer aux langoustes, en vain. Nous verrons juste un “caveu” et de nombreuses petites murènes. Heureusement, il nous reste une boite de foie gras! Départ tôt demain pour un nouvel atoll...

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